La prime à la conversion n'existe plus : elle est supprimée depuis le 2 décembre 2024 (décret n° 2024-1084). Le bonus écologique a suivi le 1er juillet 2025. Depuis, une prime CEE finance l'achat d'une électrique neuve, et une aide dédiée à l'occasion électrique existe depuis le 1er septembre 2026.
Ce qui a changé, en un tableau
Cette page s'appelait « prime à la conversion » et décrivait un dispositif qui n'existe plus. Autant le dire franchement : si vous êtes arrivé ici en pensant mettre votre vieux diesel à la casse contre un chèque de l'État, ce chèque n'existe plus. Ni la prime à la conversion, ni le bonus écologique sous leur forme classique. Voici ce qui a remplacé chacun d'eux, et depuis quand.
Le décret qui a acté la suppression ne vise pas que les voitures particulières. Il concerne aussi les camionnettes et les deux et trois-roues motorisés : plus aucun de ces véhicules ne peut ouvrir droit à une prime à la conversion, quel que soit le revenu du foyer ou l'ancienneté du véhicule mis au rebut. Ce point mérite d'être répété tant l'ancien dispositif reste présent dans les mémoires, et dans une partie encore trop importante des contenus qu'on trouve en ligne.
| Dispositif | Statut et date | Source |
|---|---|---|
| Prime à la conversion | Supprimée depuis le 2 décembre 2024, pour voitures, camionnettes et deux et trois-roues motorisés (décret n° 2024-1084 du 29/11/2024, JO du 01/12/2024) | Légifrance |
| Bonus écologique | Terminé depuis le 1er juillet 2025, remplacé par la prime CEE « Coup de pouce Véhicules particuliers électriques » | service-public.fr |
| Aide occasion électrique | Nouveau dispositif CEE en vigueur depuis le 1er septembre 2026, pour l'achat ou la location d'une électrique d'occasion | service-public.fr |
Le neuf électrique : la prime CEE « Coup de pouce »
Premier changement de logique, et il change tout : cette prime n'est plus payée par l'État. Elle est financée par les certificats d'économie d'énergie (CEE), c'est-à-dire par une obligation qui pèse sur les fournisseurs d'énergie. Ce sont eux, ou leurs partenaires signataires de la charte d'engagement, qui instruisent le dossier et versent la somme.
Pour en bénéficier, le véhicule doit cocher plusieurs cases : une voiture particulière neuve de catégorie M1, un poids total autorisé en charge de 3,5 tonnes maximum, une masse en ordre de marche inférieure à 2 400 kg, une motorisation 100 % électrique, un score environnemental d'au moins 60 points. Côté budget, un seul chiffre est fixé par les textes : le coût d'acquisition ne doit pas dépasser 47 000 € TTC.
Qui fixe le montant, et de quoi il dépend
C'est le point que la plupart des pages sur le sujet passent sous silence, souvent parce qu'il est moins vendeur qu'un chiffre rond : le montant précis de cette prime n'est pas fixé par la réglementation. Il dépend de la valeur de marché du certificat CEE au moment de votre demande, donc de l'opérateur auprès duquel vous passez, et d'un coefficient de bonification qui prend quatre valeurs possibles (9, 12, 15 ou 20). Ce coefficient varie selon le décile de revenu de votre ménage, votre statut de « gros rouleur » si vous parcourez 12 000 km par an ou plus, et le fait que le véhicule et sa batterie soient fabriqués en Europe.
Autrement dit : deux foyers achetant la même voiture, chez deux opérateurs différents, peuvent recevoir deux sommes différentes. Le seul moyen de connaître la vôtre est de demander un devis chiffré directement au fournisseur d'énergie ou au partenaire de la charte, pas de se fier à un montant lu sur un forum. Cette prime n'est par ailleurs pas cumulable avec les autres aides CEE, dont le leasing social : il faut choisir l'une ou l'autre selon ce qui est le plus avantageux pour votre projet, en fonction du véhicule visé et de votre profil de revenus. Comparer les deux avant de signer un bon de commande évite de découvrir, trop tard, qu'une autre voie aurait été plus intéressante.
L'occasion électrique : une aide inédite depuis le 1er septembre 2026
C'est la vraie nouveauté de cette rentrée, et elle change la donne pour qui n'a pas les moyens ou l'envie d'acheter neuf. Depuis le 1er septembre 2026, une aide CEE existe spécifiquement pour l'achat ou la location d'une voiture électrique d'occasion. Aucune condition de revenus n'est exigée cette fois, ce qui la rend accessible à davantage de foyers que la prime dédiée au neuf.
Les conditions portent sur le véhicule lui-même : une motorisation 100 % électrique uniquement (les hybrides, même rechargeables, en sont exclus), une première immatriculation en France comprise entre 2017 et 2023, et un état de batterie vérifié, soit une capacité conservée d'au moins 80 %, soit une autonomie résiduelle d'au moins 200 km. L'achat doit se faire auprès d'un professionnel automobile habilité, et vous engage à conserver le véhicule trois ans minimum, ou à signer un contrat de location d'une durée équivalente. Notre guide d'achat d'une électrique d'occasion en 2026 détaille les points à vérifier chez le vendeur, et notre article sur la durée de vie d'une batterie de voiture électrique explique comment interpréter un rapport d'état de santé de batterie.
Et si votre vraie contrainte, c'était la ZFE ?
Beaucoup de recherches sur « prime à la conversion » partent en réalité d'un problème différent : une zone à faibles émissions qui interdit progressivement votre véhicule actuel. Si c'est votre cas, la question n'est pas seulement « quelle aide toucher », mais « quelle voiture peut encore rouler chez moi dans deux ou trois ans ». Le calendrier et les vignettes concernées varient d'une agglomération à l'autre : notre page sur les villes en ZFE et leurs vignettes Crit'Air en 2026 permet de vérifier votre situation précise.
Une fois cette contrainte posée, deux chemins raisonnables se dessinent. Le premier : viser une électrique neuve sous le plafond de 47 000 € pour rester éligible à la prime CEE, en s'appuyant sur notre sélection des meilleures voitures électriques de 2026. Le second, souvent plus économique : se tourner vers l'occasion électrique récente, désormais soutenue par la nouvelle aide CEE, quitte à négocier un contrat de location de trois ans si l'apport initial reste un frein.
Reste une question qu'on nous pose souvent : peut-on cumuler la sortie d'une ZFE avec l'une de ces deux primes CEE ? Rien n'interdit de solliciter la prime « Coup de pouce » ou l'aide occasion pour financer le véhicule de remplacement rendu nécessaire par une zone à faibles émissions ; ce sont simplement deux logiques distinctes, l'une réglementaire et locale, l'autre financière et nationale, qui se croisent au moment de l'achat.
Ce qu'il faut faire, concrètement
N'attendez pas de trouver un simulateur miracle qui affiche un montant définitif : sur ces deux primes CEE, ce montant se compare, opérateur par opérateur. Demandez un devis écrit avant de signer quoi que ce soit chez le concessionnaire, et vérifiez que le professionnel qui vous vend le véhicule d'occasion est bien habilité pour l'aide CEE, faute de quoi vous perdrez l'éligibilité après coup.
Pensez aussi à l'après-achat : recharger à domicile change l'équation budgétaire sur plusieurs années, et notre article sur le coût d'une borne de recharge à domicile et ses aides permet d'anticiper cette dépense annexe. Un dernier réflexe, trop souvent oublié : gardez une copie de vos échanges avec l'opérateur CEE et du devis chiffré. En cas de litige sur le montant final versé, ce sont ces documents qui feront foi, pas une estimation vue sur un comparateur en ligne. Dispositifs vérifiés le 26 septembre 2026 auprès de service-public.fr et de Légifrance ; cette page sera mise à jour si de nouveaux textes les modifient.