L'électrique n'est plus l'avenir de l'automobile : c'est son présent. En 2025, une voiture neuve sur cinq vendue en France était 100 % électrique. Et la dynamique s'accélère en 2026. Pour dépasser les impressions et s'appuyer sur des faits, nous avons exploité le jeu de données du ministère de la Transition écologique sur la part des véhicules électriques dans les immatriculations, disponible en open data sur data.gouv.fr.
Le bilan 2025 : cap des 300 000 dépassé
L'année 2025 restera comme celle où le véhicule électrique a franchi un seuil symbolique en France : 326 923 immatriculations de voitures particulières 100 % électriques, soit une progression de 12 % par rapport à 2024. Et ce, sur un marché automobile global en recul de 5 %.
| Année | Immatriculations VE | Part de marché | Évolution |
|---|---|---|---|
| 2020 | 110 916 | 6,7 % | - |
| 2021 | 162 106 | 9,8 % | +46 % |
| 2022 | 203 121 | 13,3 % | +25 % |
| 2023 | 254 822 | 15,9 % | +25 % |
| 2024 | 291 843 | 16,9 % | +15 % |
| 2025 | 326 923 | 20,0 % | +12 % |
| Janvier 2026 | ~30 000 | 25,3 % | Record mensuel |
| Février 2026 | ~28 000 | 26,4 % | Nouveau record |
Source : data.gouv.fr — Part des véhicules électriques et hydrogène dans les immatriculations. Données issues de data.gouv.fr, complétées par les baromètres Avere-France.
2026 : l'accélération continue
Les deux premiers mois de 2026 confirment la dynamique haussière. En janvier, la part de marché des véhicules 100 % électriques a atteint 25,3 %, battant tous les records mensuels. En février, ce chiffre est monté à 26,4 %. Pour la première fois, plus d'une voiture neuve sur quatre est électrique.
Plusieurs facteurs expliquent cette accélération :
- Le durcissement du malus écologique : les véhicules thermiques émetteurs sont de plus en plus pénalisés, rendant l'électrique comparativement attractif
- L'arrivée de modèles abordables : Citroën ë-C3, Renault 5 E-Tech, Dacia Spring — l'offre sous 25 000 € s'est considérablement étoffée
- Le développement du réseau de recharge : plus de 150 000 points de charge publics en France début 2026
- Le bonus écologique maintenu à 4 000 € pour les ménages modestes
- Les ZFE : les zones à faibles émissions dans les grandes métropoles poussent au remplacement des véhicules anciens
Analyse géographique : les données data.gouv.fr par territoire
Le jeu de données data.gouv.fr ventile les immatriculations électriques par commune, département, EPCI et région. Cette granularité révèle des disparités territoriales marquées :
| Région | Part VE dans immatriculations 2025 | Tendance |
|---|---|---|
| Île-de-France | 24 % | Forte croissance (ZFE Grand Paris) |
| Auvergne-Rhône-Alpes | 21 % | Au-dessus de la moyenne |
| Occitanie | 19 % | Croissance rapide |
| Bretagne | 22 % | Forte adoption |
| Hauts-de-France | 16 % | En dessous de la moyenne |
| Corse | 12 % | Retard, réseau limité |
| Outre-mer | 8 % | Démarrage lent |
Les territoires urbains avec ZFE adoptent l'électrique plus rapidement. Les zones rurales, où les trajets sont plus longs et le réseau de recharge moins dense, restent en retrait mais progressent.
Le basculement historique de septembre 2025
Un moment charnière s'est produit en septembre 2025 : pour la première fois, les immatriculations de véhicules 100 % électriques ont dépassé celles des voitures essence sur un mois complet. Avec 20,8 % de part de marché contre 18,2 % pour l'essence, l'électrique est devenu la deuxième motorisation derrière le diesel (qui reste en tête à 28 %). En novembre, la part a même atteint 26 % — un record absolu à l'époque.
Les modèles qui tirent le marché
- Tesla Model Y : toujours en tête des ventes, malgré une concurrence accrue
- Renault 5 E-Tech : le succès de l'année 2025, avec plus de 40 000 unités vendues
- Peugeot e-208 : citadine électrique la plus vendue en France
- Citroën ë-C3 : entrée de gamme à moins de 24 000 € qui démocratise l'électrique
- Dacia Spring : le prix plancher de l'électrique (à partir de 18 900 €)
Quel impact sur le marché de l'occasion ?
L'afflux de véhicules électriques neufs alimente progressivement le marché de l'occasion. Les VE d'occasion se négocient avec des décotes importantes (30 à 50 % après 3 ans), ce qui les rend accessibles à des ménages qui ne pouvaient pas se permettre le neuf. La question de la durée de vie des batteries reste centrale dans la décision d'achat d'occasion.
Ce que prévoient les données pour 2030
Si la tendance actuelle se maintient (croissance de la part de marché de 3 à 5 points par an), le véhicule électrique pourrait représenter 40 à 50 % des immatriculations neuves en France d'ici 2030. L'interdiction européenne de la vente de véhicules thermiques neufs à partir de 2035 rend cette trajectoire quasi certaine.
Données issues de data.gouv.fr. Licence Ouverte 2.0.
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